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Nous sommes heureux de remettre sous " les feux de la rampe " ce sujet mal connu et un peu insolite..... |
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| Victor Hugo disait d'une petite fille jouant à la poupée qu'elle satisfaisait l'instinct le plus profond de la femme. Une petite fille, en effet, indifférente aux poupées semblerait anormale comme le serait un garçon qui ne se soucierait en rien des soldats ou bâteaux. |
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zzzzzzzSa
Majesté la Reine Victoria mourut à quatre-vingt
deux
ans après soixante années de règne.
Elle était devenue dès l'âge de 12
ans, héritière présomptive du
trône après la mort de son père.
Lorsqu'elle vivait encore dans l'atmosphère très
tendue du vieux
château de Kensington avec ses parents,
c'est-à-dire bien avant de
devenir reine, la petite princesse Alexandrina - car elle s'appelait
ainsi - (elle ne se fera appeler par son second prénom,
Victoria, que
plus tard) - , figurait en première position dans l'ordre de
succession
à la couronne, mais cette place de choix était
constamment à la merci
de la naissance d'un héritier mâle qui aurait
été mieux placé. Sa mère,
Victoire, et son secrétaire, l'intrigant Conroy,
multiplièrent
d'ailleurs les coteries, briguant le pouvoir, persuadant notamment le
Parlement de la désigner comme régente, - la
santé du souverain,
Guillaume IV, étant précaire - , tentant et
obtenant de contraindre
Victoria de se soumettre à sa volonté en
acceptant de demeurer sous sa
tutelle de régente jusqu'à ses vingt-et-un ans,
(soit trois ans encore
après l'âge légal pour monter sur le
trône). Recevant peu de visites,
Victoria, le plus souvent seule, s'était amusée
à constituer une
remarquable collection de poupées.
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La
parution d'un article dans le "Strand Magazine" en 1893, rendant compte
de celles-ci avec lesquelles Sa Majesté avait
joué dans son enfance,
avait éveillé une grande curiosité et
beaucoup intérêt. Cela était
dû,
sans doute, à la personnalité même de
la Reine mais aussi,
certainement, à un sentiment plus profondément
ancré au cœur des
Britanniques, leur attachement, leur intérêt loyal
aux faits et gestes
de leur grande Souveraine. Enfant, la Reine Victoria s' investit dans
ses poupées et joua avec elles jusqu'à
l'âge de presque quatorze ans.
C'étaient des petites poupées de bois qu'elle
habillait souvent
elle-même. Elle avait une maison dans laquelle elle pouvait
les
installer. La future Reine confectionnait des costumes qu'elle avait vu
au théâtre ou dans la vie quotidienne. Elle y
apportait un soin, une
attention et une importance
extrêmes. |
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Une preuve touchante et très intéressante en est trouvée dans ce que l'on pourrait appeler " Archives des poupées. " Celles-ci se trouvent dans un cahier ordinaire, maintenant un peu jauni par les années, sur la couverture intérieure duquel est écrit de la main même de Sa Majesté , dans un style enfantin mais très clair: " Liste de mes poupées ".L Suit alors d'une délicate écriture féminine le nom de chaque poupée, par qui elle a été habillée, ce qu'elle représente et qui, - quoique ceci soit parfois omis - quand la poupée est une danseuse, date et nom du ballet figurent, ce qui permet de déterminer l'époque exacte du vêtement, par exemple entre 1831 et 1833. Des cent trente deux poupées conservées, chiffre respectable, la Reine elle-même semble en avoir habillé au moins de trente deux, la Baronne Lehzen ayant parfois aidé à quelque chose, fait qui est scrupuleusement enregistré dans ce petit cahier . |
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Ces poupées
méritaient vraiment d'être
transmises à la
postérité comme un exemple de patience ,
d'ingéniosité et du savoir
faire exquis d'une Princesse de douze ans.LL Ce ne sont pas ce qu'il est convenu d'appeler de " belles poupées ". Pas de peausseries fines, de biscuit très pur, de mécanismes compliqués. Au contraire, c'était semble-t-il des poupées toutes simples qu'on pouvait acheter pour quelques sous dans n'importe quel bazar. A l'époque, Les belles poupée n'étaient pas faciles à obtenir mais il est aussi possible que la jeune Princesse ait préféré ces drôles de petites créatures en bois, les trouvant plus appropriées pour la représentation de personnages historiques et théâtraux, peut-être... En tout cas, elles composent la collection entière . Ce sont de petites marionnettes parfaitement articulées aux genoux, aux cuisses, aux coudes et aux épaules, capables d'exécuter tout geste ou d'avoir toute attitude.. |
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L |
C'est vrai
qu'elles ne
sont pas esthétiquement belles. Visage de type allemand avec
parfois un
menton en galoche, un nez un peu trop droit.... les expressions sont
très variées ; mais, à l'exception de
la hauteur, qui va de trois à
neuf pouces, elles sont toutes semblables
LLLL Et si les plaisirs de l'imagination, de la création et de la réalisation sont délicieux chez l'enfant, la fabrication des vêtements de ces 32 petites poupées fut un travail particulièrement ingénieux pour une si jeune enfant. Il n'y a aucun doute que la Princesse a éprouvé beaucoup de pur bonheur avec sa vaste famille de bois. On trouve un mélange très touchant de petite enfance et de maturité dans leurs petits visages.! |
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Et ce en raison même
de la combinaison des
petits nez pointus et des joues brillantes et vermillonnées,
des
sourcils larges ; bien séparées sur chaque tempe,
sont peintes des
frisettes très élaborées vieillottes
et grisâtres alors que le reste
des cheveux, d'un noir profond est relevé par un peigne
jaune,
minuscule, perché sur le haut de la tête. LLLL Tout le luxe était dans les costumes ! Les vêtements sont réalisés dans des matériaux les plus extraordinaires : soies les plus précieuses, dentelles de grand prix, petits bijoux d'un travail infiniment délicat, rien n'était trop beau pour ces demoiselles. Quant à l'ouvrière qui les habillait, tout le monde ne pouvait pas en employer une pareille ! LL Pensez !..... la future Reine elle-même ! C'était, à l'époque, des personnalités que nous dirions très "actuelles". LLLL Elles se divisaient en grandes dames, en artistes illustres, en simples paysannes ou servantes.... Victoria leur donnait en effet l'aspect des personnages de sa parenté ou de son entourage. Parmi les grandes dames, la Comtesse de Rothesey, lady Brighton, la princesse Collovowsky etc, toutes magnifiquement vêtues avec leurs grandes robes à traînes, leurs perruques, leurs vastes chapeaux. Parmi les artistes, il y avait les célébrités de l'époque : Mademoiselle Pauline Duvernay en costume de fée, de la Belle au Bois dormant; Mademoiselle Porphyrine Brocard en simple costume de danseuse; quant à la danseuse Taglioni, si célèbre à l'époque, elle ne figure pas moins de trois fois dans des costumes différents: celui de Guillaume Tell, de la Sylphide et de la Bayadère. LLLLL |
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Il y a
aussi trois hommes -il n'y en a que sept ou huit dans tout la
collection-, ( 1 )et quelques délicieux petits
bébés, minuscules, faits de
tissu, aux visages de mousseline peinte. La maîtrise dans les robes est véritablement exquise : plis minuscules finement cousus, toutes petites poches de tabliers, le tout délicatement fini, jusqu'aux mouchoirs lilliputiens ! - d' un demi pouce - bordés de jours à fils tirés et brodés d'initiales en soie rouge ; il y a des châtelaines de perles blanches et d'or si petites qu'elles glissent en s'échappant des mains ; et on ne peut qu'être de nouveau frappé par l'adresse, l'habilité et la patience infatigable que devait posséder la jeune enfant ! La Reine Victoria a joué comme tout enfant bénéficiant d'une éducation libérale au milieu d' influences fugaces et des modes de la première partie du XIXème siècle. Mais une étude approfondie de cette enfance imaginative nous montrent les scènes qui l'ont affectée, les histoires qui l'ont enchantée, les caractères qui ont retenus sa fantaisie et ont en partie impressionné son imagination |
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Ainsi, nous trouvons dans le déroulement de cette enfance, à travers ces poupées, les qualités de sang-froid, de patience, de fermeté, de ténacité successivement montrées par la Reine Victoria dans la partie officielle de sa vie Après le décès de son père le Roi, devenue héritière présomptive du trône, sa vieille gouvernante, la duchesse de Northumberland imagina d'utiliser ces poupées à un jeu certainement aussi amusant que la couture mais également au moins aussi utile que celui auquel elles s'étaient prêtées toutes deux jusqu'à ce jour. Pour apprendre à sa royale élève le cérémonial très long et très compliqué de la cour, elle l'engagea à le répéter à l'aide de ses poupées. |
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LLLLL Un très beau et très rare livre que j'ai le privilège de posséder fut édité à l'époque avec l'autorisation de la reine elle-même - et corrigée par elle d'ailleurs ! - intitulé " Queen Victoria's Dolls " écrit par Frances H. Low Il est merveilleusement illustré par Alan Wright d'aquarelles représentant les poupées. Quelques unes d'entre elles illustrent cet article. Ce dernier doit beaucoup aussi à l'année 1893 de " Mon Journal ", à l'année 1901 toujours de " Mon Journal " dont Madame Annie Porot m'a fourni la matière et au magazine " Doll News " édité par l'U.F.D.C.en Automne 2003- Article de Martha M. Martin-. C'est aussi l'Histoire et ses cheminements. Mais Victoria, qui aima ses poupées, fut également une jeune femme accomplie et sensible comme nous le sommes nous-mêmes aux fêtes familiales et carillonnées. Ainsi, introduisit-elle la tradition de l'arbre de Noël au Royaume-Uni, faisant dresser un beau sapin chaque année dans son palais. " On parle encore dans l'Histoire du temps où la reine Berthe filait. Peut-être, dans plusieurs centaines d'années parlera-t-on aussi du temps où la Reine Victoria habillait ses poupées. "
( 1 ) " Il y a bien aussi quelques poupées qui sont des messieurs ; mais nous n'en parlerons pas car nous n'aimons pas les poupées à moustaches ! " ( Mon Journal 1893 ) |
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L'interet de la famille royale pour les poupées viendrait-il de celui manifesté par la jeune reine Victoria ? Voici une photo prise en 1930 de la Reine Mary |
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