Et quel joli musée, de musique mécanique, voilà qui nous change des poupées qui nous occupent généralement mais il y en avait dans des landaus,  des berceaux, et même une Lioregraph démontée, pour découvrir le secret de ses chansons.
L'ensemble de ce superbe musée est important, et, dans l'endroit où on ne l'attend pas, crée une émotion extraordinaire.

Sur la route de nos vacances, nous cherchions entre Paris et Rouen le très petit mais  très joli village de Ry (prononcer Ri), où, m'avait-on dit, se trouvaient des automates électriques relativement contemporains (40 ans) évoquant "Madame Bovary " de G. Flaubert.

 Nous nous sommes perdus dans un dédale de routes plus que secondaires pendant un long moment pour finalement monter les lacets serrés d'une départementale. Là, dans un coude, une petit plaque ( trop discrète ) "Musée de Musique Mécanique ".Nous n'étions pas loin de Ry, certainement et ne savions rien du lieu, de son nom, de ce qui nous parut une étrangeté

car nous  pensions connaître les grands noms des collectionneurs en la matière.
Sans hésiter, nous entrâmes dans une vaste cour (pratique pour les cars de visiteurs) et allâmes sonner à une petite porte très proprette mais très discrète aussi.  Un Monsieur charmant tout sourire s'avance à notre rencontre avec beaucoup de gentillesse.
Présentation faite de notre curiosité, nous découvrons.  un extraordinaire musée de musique mécanique.  La visite ( 1h30 ) ne peut se faire qu'à 15 heures. En attendant notre hôte nous donne un aperçu de son étonnante collection tellement inattendue dans ce lieu si perdu.


     Il est midi. Monsieur Boquié nous donne un plan dessiné  par lui sous nos yeux pour Ry, notre destination initiale et l'adresse d'un excellent restaurant, La Table d'Oscar dit aussi le Bovary. Après un tres bon déjeuner  nous faisons l'impasse sur les automates de ce délicieux village de Ry, ce sera pour une prochaine fois ( photo ). Il était temps de rejoindre notre hôte et son musée.

 

     Visite privilégiée s'il en est ! Peu de visiteurs, dommage ! mais tous les divers instruments : Limonaires, orgues de Barbarie, pianos mécaniques, boites à musique, accordéons jouant seuls (voir ci-dessous).... furent mis en route et jouèrent ces jolies mélodies d'autrefois que nous connaissons tous, qu'elles soient de manèges forains, de bastringues, de chateaux, de famille, des rues...... Etourdissant ! Et tout cela pour six personnes, nous comptés !



     Cette visite vaut vraiment le détour et je reste très surprise de n'avoir jamais entendu  prononcer le nom de Monsieur  Gérard Boquié, collectionneur passionné, averti, mais que le souci des années qui passent préoccupe.


     Sans se presser, calmement, mais semble-t-il bien conscient du problème qui vient, il nous a fait part de son souhait de prendre sa retraite et espère trouver un repreneur de l'intégralité car il s'agit d'un collection très complète, très aboutie, le fruit de toute une vie.




     Non pas sur place, il a bien conscience que cela sera impossible, mais dans la région normande ou à Paris. Ce n'est pas simple, bien sûr.... Tout ce que ce passionné a fait bénévolement pour sa collection et son musée qui le fera après lui ?



Boite à Musique
Bremond
Genève 1888

     Il a plusieurs pièces uniques, donc très rares, et il faudra que le successeur soit lui-même disposé en homme averti, à mettre tout en oeuvre pour la conservation en l'état d'un vrai patrimoine patiemment réuni et admirablement conservé.


.

Avant que ce musée ne disparaisse - comme bien d'autres de notre pays - allez vite le visiter et  vous émerveiller. Téléphonez au préalable... Vous ne regretterez pas votre visite.


Hélène BUGAT-PUJOL



Toutes les illustrations  ( sauf  celle de l'accordéon qui joue tout seul, qui est une photo « volée») sont  des «scans» de cartes postales de la boutique du Musée, les photos étant en principe interdites.



       Tous droits de reproduction même
partielle, rigoureusement réservés    ©