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Mademoiselle
Marie Koenig et son exceptionnel Musée de Poupées
Provinciales continue à vous intéresser.
Le site que nous leur avons consacré il y a déjà plusieurs années est toujours très visité. ( koenig.html ) Nous en sommes très heureux….D'autant plus que nous allons pouvoir le compléter. Nous avons trouvé chez notre jeune libraire préféré de Normandie un petit livre bleu intitulé " Journal des poupées " " Organe de la SOCIÉTÉ DES POUPÉES " |
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En fait toute
l'année
reliée de
1902 du supplément au Journal des Petites Filles,
lui-même
issu de la Poupée Modèle.
Chacun d'eux comporte 16 pages de lecture diverses et charmantes plus une première et dernière de couverture en papier bleu pâle. Ce n'est donc pas un simple petit prospectus mais un vrai petit journal édité par Tedesco. Ce livre relie bien entendu douze numéros du " JOURNAL DES POUPÉES " et commence en janvier ; mais notre intérêt se porta immédiatement sur le numéro d'avril qui commence par Une Réception au Musée des Poupées |
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Et
débute par le voyage de Çoisic, de Plougastel,
pour Paris,
rue Gay Lussac, direction le Musée de Mademoiselle Marie
Koenig.
Habillée en costume de mariée, celui-ci très détaillé nous, est décrit minutieusement : d'abord, le " dalguen " ( bandeau ) " car notre coiffure ne serait pas authentique et les visiteurs qui s'y connaissent le remarqueraient….". Par dessus celui-ci, un " dalleden " ( linge blanc ) auquel on adaptera un " bourdelen ", morceau de zinc ( ! ) ou de bois ( ! ), destiné à soutenir le fond de la coiffe. Sur cet édifice, on pose le bonnet du pays, très simple, c'est un large bandeau terminé par deux pattes qui se relèvent en ailes et s'attachent par une épingle au fond de la coiffe. Voilà résumées, la mariée et sa coiffe. Dans la suite de l'article, elle retrouve un " pays " le joueur de biniou, Yves, qui lui présente Vivette, une adorable arlésienne qui se mit à chanter " O Magali ma tant amado….", vêtue de son " aise " ( corsage ) de drap noir, sa " capello " de tulle plissé et sa " mireille " ( cravate blanche nouée sur le chignon ). Ensuite apparait la petite Fadette qui récite à une pêcheuse sablaise sa chanson connue " Fadet, Fadet, mon petit Fadet … |
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| Puis
arrive le portrait et même la photo de
Marie-Amélie (
celle-ci porte le même nom que la reine française
de
l'époque ). Cette photo est malheureusement inexploitable,
trop
délavée. Mademoiselle Marie Koenig raconte son
histoire
aux visiteurs du Musée qui s'arrêtent pour la
contempler
car elle dispose d'une vitrine pour elle toute seule. Suit une saynète délicieuse qui met en scène la Fermière de Saint-Acheul, Melita, qui est une " hortillonne " dans la petite Venise formée par les douze bras de la Somme enserrant de nombreux jardins maraichers "…..Nous consommons beaucoup de café…qui nous préserve des fièvres…. La passe de mon bonnet s'appelle " le papillon "; elle dépasse les cheveux sur le front et disparaît de chaque côté sous le chignon pour former sur la nuque un gros noeud. Mon fichu est en linon vert bordé d'un ruban jaune paille, tissé dans l'étoffe, sur lequel court une guirlande de roses pompon ; ma robe est en drap rouge et mon tablier en taffetas noir. "... |
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La
conversation se poursuit avec la boulonnaise, Chérie : " Pour
vendre mon poisson, je ne porte pas ce superbe bonnet
étalé en auréole
comme la queue d'un paon; je me contente d'une petite coiffe en
étoffe
épaisse à passe plate. Nous vendons le poisson de
nos pêcheurs au moyen
d'une corde passée au-devant de la poitrine, nous portons
les charges
sur le dos. Mais le dimanche, nous mettons nos plus beaux atours :
jupon de molleton rayé, jupe de drap rouge, casaquin garni
de velours,
longs pendants d'oreille, et notre délicieux bonnet que nous
fixons sur
la tête avec des épingles à grosses
boules en or ."
Ensuite la parole est
à la mâconnaise, Claudette :
" Moi,
c'est mon chapeau qui fait toute mon originalité. Curieux et
rare,
aujourd'hui les Bressannes et les Maconnaises ne portent plus
ce
singulier chapeau parce qu'il est horriblement lourd. De plus, comme il
s'appuie sur un seul point de la tête, il amène
une calvitie ( ! )
prématurée qui l'a fait abandonner. Nos
grands-mères conservent leur
chapeau précieusement, il y en a qui ont
coûté jusqu'à mille et quinze
cents francs à cause des garnitures et des bijoux dont ils
étaient
ornés. Ma robe plus élégante est en
velours grenat garni de galons
d'argent, mes manchettes en satin blanc recouvert de dentelle noire;
mon tablier est en soie verte et ma collerette est garnie de vraie
Valenciennes."
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| Enfin
entre
en scène la petite Fadette, connue pour être la
petite
fille d'une dame âgée qui passait pour la
sorcière
du village et ne s'occupait guère de l'aspect de l'enfant
qui
dansait néanmoins les bourrées avec Laudry le
jour de la
Saint Andioche. Sur les conseils avisés de celui-ci, elle
mit un
peu d'ordre dans sa toilette et sa présentation, et tout
cela se
termina par un mariage Toutes ces délicieuses conversations se déroulaient dans le bureau de Mademoiselle Maire Koenig qu'elles avaient trouvé le moyen d'investir mais qu'elles durent quitter à pas de loups en raison de coups frappés à la porte de celui-ci. Elles rentrèrent au Musée sagement et discrètement. |
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Se présentent
ensuite, un couple, mari et femme, les bergers de
la Vallée de Bethmale. " Nous sommes les mieux
nippés ( !
) de l'endroit. Ma Jeannette, avec sa cornette blanche et son capulet
rouge brodé, sa jupe voyante plissée, sa veste
aux
manches courtes et son fichu à francs dessins, a meilleur
air
que beaucoup de poupées que je ne veux pas
nommer……mais le spectacle est si nouveau que je
ne me
lasse pas de le regarder: paysans, paysannes en plus grands nombre
" Y
en-a-t-i bon Dieu ! " Moi, je retrouve des camarades qui me
parlent de
leur village. Il y a notamment le berger de la vallée
d'Osseaux
qui cherche à m'en faire accroire parce que son costume,
tout
en laine, est assez élégant et qu'il a surtout,
une paire
de guêtres avec des bouffettes aux genoux qui le rendent
très fier mais mes escoupelas ( sabots )
ornés de clous
jaunes simulant sur l'empeigne, des coeurs et des fleurs, sont aussi
bien coquets, sinon plus que les siens."
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| Le mari de
ce couple, très sur de lui, fait également la
connaissance d' un villageois de Salvetat: " Oh!
celui-là est
comique avec son sarreau en toile, son " bragas"( pantalon )
boutonné sur le côté jusqu'aux genoux.
Il a les
cheveux bouclés qui tombent sur son cou et un grand chapeau
de
feutre à larges bords. Mais celui avec lequel je fais
meilleur
ménage est un petit paysan vosgien futé, gai
comme un
pinson et malin au possible, le paysan vosgien." " En fin de compte, notre sort est digne d'envie; nous sommes logés, entretenus et habillés aux frais de l'état ; nous ne sommes plus obligés de nous livrer à des travaux pénibles pour manger ; notre existence est assurée; nous avons une bonne directrice qui nous préserve des mites et des vers ; il ne manquent pas de poupées qui voudraient bien être à notre place." |
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| Peu à peu l'obscurité envahit la pièce, les poupées réintégrèrent toutes leur vitrine ; Çoisic reprit la place que Mademoiselle Koenig lui avait assignée et bien avant dans la nuit, bavarda avec une paysanne de Laudéac qui lui raconta que dans son pays, les femmes ont toujours au bras une boite de fer-blanc comme en portent les botanistes; quand il fait trop de vent et que la coiffe menace de s'envoler, on la place dans la boite ; cette même paysanne lui apprit encore que ses pareilles ne se séparent jamais de leur parapluie. Il est muni à l'extrémité, d'un grand anneau que l'on passe au bras comme un bracelet; même en dansant, on garde son parapluie…… |
| Mais,
quatre heures sonnèrent ; Mademoiselle Koenig, son chapeau
sur
la tête, passa devant toutes les vitrines pour s'assurer que
tout
son petit monde était à sa place, elle embrassa
la grande
salle d'un regard circulaire et cric,crac, la clé tourna
dans la
serrure, les poupées étaient prisonnières…et libres ! Voila
les Poupées ont repris leur place et paraissent
bien
sages. Leur petit air tranquille ne permet pas de
supposer
leur escapade et leur bavardage. Mais comme Poupendol vous avez été certainement très heureuses de les écouter et d'apprendre par leurs bouches tous
ces précisions vestimentaires sur les costumes de
nos belles provinces.
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| Hélène BUGAT-PUJOL |
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Post-Scriptum :
Le Musée
des Civilisations
de l’Europe et de la Méditerranée
a publié une étude sur " L’album
photographique de la collection de poupées Marie Koenig
(1903) © " avec une Notice
rédigée par Isabelle Gui,
chargée
d’études documentaires. Janvier 2006. Nous
extrayons de
cette notice :" Le
musée des Poupées fut
installé par Mlle
Marie Koenig en 1890 (dans le cadre de l'Exposition permanente de
travaux de couture, à l'intérieur du
Musée
Pédagogique fondé en 1879 par Jules Ferry.
Un Album sans doute créé en 1903 contient 104 Photos de poupées réalisées par E. Guillot. Cet album, inventorié en 1945 par le Musée National des Arts et Traditions populaires, provient du Musée de l’Homme qui l’avait lui-même reçu du Musée pédagogique fondé en 1879 à Paris. Les photographies portent les numéros d’inventaire Ph.1945.80.1 à 52. Les Poupées elles-mêmes, dont on a perdu la trace, furent confiées au Musée des Arts et Traditions populaires...." |
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