Des jouets et des hommes


Ce site doit tout au dossier de presse énorme que j’ai eu le privilège de recevoir à l’occasion de cette très importante et rare manifestation. Les visuels sont de très grande qualité ce qui pour un site comme Poupendol a son importance, mais le contenu, la présentation de cette exposition sur 38 pages, pas moins, montrent l’important travail qui a été réalisé pour cette circonstance encore inédite par son ampleur, son sujet traité de l’Antiquité à nos jours.

Un très important catalogue que vous ne manquerez pas d’acquérir certainement lors de votre visite vous en dira plus et mieux que je ne saurais le faire.
C’est vraiment un événement à recommander !

Allez-y bien sûr et laissez votre curiosité et votre sagacité au pouvoir ! Elles feront merveilles !

 Les Galeries Nationales du Grand Palais
3 Avenue du Général Eisenhower Paris 8°
Métro Champs-Elysées - Clemenceau, RER C Invalides



Cette exposition, la première consacrée à l’histoire du jouet de l’Antiquité à nos jours, rassemble des réalisations grandioses ( jouets princiers, voitures sur mesure, luxueuses maisons de poupées ) comme des objets plus petits ( figurines, hochets, etc ).

Pierrick Sorin, artiste vidéaste célèbre pour ses créations burlesques a réalisé là une scénographie inventive avec des dispositifs ludiques et des installations qui favorisent l’interaction et enchantent l’imaginaire. Dans un mélange étonnant de tradition et d’innovation, près de mille jouets, essentiellement occidentaux et japonais sont ainsi exposés.

Dans une société où le rapport à l’objet et à sa possession est presque aussi important que le rapport aux êtres, tous ces jouets invitent le public à un voyage au cœur de l’intime.

Mille jouets, de l’Antiquité à aujourd’hui, réunis dans cette exposition. C’est un rassemblement exceptionnel et totalement inédit par son ampleur et son ambition : poupées antiques, poupées princières, poupées de notre temps, trains, avions, bateaux, ours de tous poils, automates presque vivants, jeux vidéos batailleurs, figurines en plomb ou en plastique, soucoupes volantes, arches de Noé et même un Père Noël dans un avion !



Animaux de la ferme

 
Créateur : Benjamin Rabier   Fabricants : Passerat et Radiguet     Bois découpé peint   H. de 11 à 24 cm ; L. de 9 à 24 cm ; l. de 2 à 4 cm
  Vers 1910   Musée des Arts décoratifs, Paris    © Michel Pintado pour les Arts décoratifs, Paris


Poupée «parisienne»
 
Vers 1820
 
Carton moulé, verre, peau, soie, peuplier
 
Poupée : H. 83 cm
Boîte : H. 100 cm
 
Musée des Arts décoratifs, Paris
© Jean Tholance pour les Arts Décoratifs, Paris
Entre mimétisme et imaginaire

Cette exposition," Des jouets et des hommes ", présente une histoire du jouet et met en lumière son importance dans l’éducation de l’homme depuis sa naissance. L’exposition interroge les rapports ambigus que les enfants entretiennent avec la reproduction en miniature du monde des grands. Comment s’emparent-ils de cette réalité à leur échelle, toujours imaginée par des adultes ?
Comment les archétypes que sont les poupées, les véhicules ou les figurines de guerre évoluent-ils selon les époques ? Quelles sont les permanences  en matière  de mimétisme  et  les ruptures  au  cours de l’Histoire ? A-t-on  toujours rêvé de devenir pompier  ou maîtressed’école ?

Autant de questions autour du jouet – et non du jeu, qui lui, implique des règles - auxquelles l’exposition tente de donner des réponses scientifiques et néanmoins sensibles.

Réalisée en collaboration avec le Musée des Arts décoratifs qui conserve une des plus importantes collections de jouets en Europe, d’autres institutions culturelles françaises et internationales prestigieuses dont le Victoria & Albert Museum à Londres, le Musée du jouet à Nüremberg ou encore le Strong à Rochester (E.U), ainsi qu’un grand nombre de collections particulières européennes ont permis de rassembler de nombreux objets.

Qu’ils soient fabriqués en série ou par des artistes de renom comme Alexandre Calder, Felix Garcia Torres ou Benjamin Rabier, qu’ils soient exceptionnels ou échoués sur la moquette des chambres d’enfant, ces jouets nous racontent le monde, ses évolutions, son histoire, souvent de façon décalée ou dans un mimétisme confondant. Une iconographie importante et très variée – tableaux, affiches, sculptures, films, jeux vidéo, clips, catalogues d’étrennes – complète ce panorama.

Poupées antiques, poupées princières, trains, avions, bateaux, ours de tous poils, automates presque vivants, jeux vidéos batailleurs, figurines en plomb ou en plastique, soucoupes volantes, arches de Noé : mille jouets notamment occidentaux, exceptionnels ou communs, sont rassemblés ici pour raconter une histoire de plus de deux mille ans, faite d’émerveillement et de nostalgie, mais aussi d’enseignements et d’interrogations.

Au-delà de sa fonction essentielle de divertissement, le jouet révèle la relation que les adultes entretiennent avec l’enfant, la façon dont ils veulent le préparer à l’avenir et à la vie en société.

C’est un objet d’une immense richesse symbolique, étonnant compromis entre le réel et l’illusion, synonyme d’insouciance et d’innocence. Donné dans des circonstances quasi-immuables depuis l’Antiquité, il faut y renoncer un jour, sous peine de ne pas grandir tout à fait.

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le jour de Noël commémore la Nativité dans la chrétienté et les jouets sont donnés le jour de l’An, pour les étrennes, en prolongement des coutumes romaine et païenne. L’enfant Jésus, qui aurait dû s’imposer dans le rôle du bienfaiteur des enfants, a été supplanté, d’abord par Saint Nicolas, célébré le 6 décembre encore maintenant en Alsace, puis par le Père Noël, dont la figure est fixée en Amérique dans les années 1830 à partir d’antécédents européens, et dont le rite s’est perpétué jusqu’à nos jours

Quant aux animaux, les enfants les chérissent plus que tout. Tour à tour câlins ou dangereux, les animaux ont largement inspiré le monde du jouet, enclin depuis toujours à offrir aux petits des substituts en bois, en peluche, en plastique ... Les premières traces d’animaux munis de roulettes remontent à l’Antiquité. Le cheval, le buffle, le bélier, ainsi que l’oiseau sont fabriqués en bois, terre cuite, argile, ivoire ou en marbre, dans les civilisations tant grecques, romaines, étrusques ou égyptiennes que proche-orientales.
De nos jours, ces mêmes jouets peuplent les chambres d’enfant. Certains d’entre eux ont même accédé au statut de star !
 
Infirmière

Fabricant : Vénus
 
Vers 1955
 
Rhodoïd, tissu, plastique
H. 34 cm
 
Musée des Arts décoratifs, Paris 
 
© Jean Tholance pour les Arts Décoratifs, Paris
 


L’illusion de la vie : automates, jouets mécaniques, robots :

Sans intervention extérieure, tout jouet reste a priori inerte. Il lui faut un enfant pour s’animer. Pourtant, il existe des jouets à la limite de cette définition : l’automate, et ses avatars modernes, le jouet mécanique et le robot. L’automate est paradoxalement l’archétype du jouet. Il cumule l’objet et le jeu lui-même et concentre en lui presque tout le mystère de l’enfance. À ce titre, il ravit aussi les adultes. Ce curieux objet animé enchante un XIXe siècle où la production industrielle de mécanismes d’horlogerie permet de les multiplier, au sein de fabriques spécialisées comme celles de Gustave Vichy , Roullet-Decamps et bon nombre d’autres. Les jouets mécaniques profitent de ces progrès, ainsi que de l’apparition des techniques d’estampage de la tôle.


Poupée nageuse Polly
Fabricant : Bergamini
 
1950-1960
 
Poupée : L. 13 cm ; l. 5 cm - Boîte : H. 5 cm ; L. 15
cm ; l. 5 cm
 
Musée des Arts décoratifs, Paris 
 
© Jean Tholance pour les Arts Décoratifs, Paris

À la fin du XIXe siècle, apparaissent une multitude de jouets animés bon marché. Tous les univers sont alors déclinés : le cirque, les métiers, les animaux, la musique, les moyens de locomotion. Les fabricants sont d’abord français et allemands : Fernand Martin, Charles Rossignol, Ernst Paul Lehmann ; puis américains dans les années 1930, avec les fabricants Louis Marx ou Wolverine. Les années 1950 sont celles de la science-fiction et de l’entrée en scène des robots japonais. À partir des années 1970, l’ordinateur supplante presque le robot. Robosapien, créé en 2004 par le physicien Mark Tilden pour la marque WowWee, préfigure peut-être une longue série de créatures intelligentes qui nous donneront toujours plus l’illusion de la vie.

Yacht
Le Hohenzollern
 
Fabricant :
 Gebrüder Bing
début du XXe siècle
 
H. 42,5 cm (avec socle) ; L. 65 cm ; l. 14 cm
 
Musée national de la Marine, Paris
© Musée national de la Marine / A. Fux
 





  
G.I. Joe Marine en tenue de combat

Fabricant : Hasbro (Etats-Unis)
 
1964
Vinyle, plastique dur, textile
H. 29 cm 
 
Musée des Arts décoratifs, Paris
© Jean Tholance pour les Arts Décoratifs, Paris
La guerre :

Faut-il en finir avec les jouets guerriers ?
Cette question ne se pose que depuis peu.
De l’Antiquité à nos jours, ils ont existé. Longtemps, et dès leur plus jeune âge, les nobles et les princes ont été formés à l’art de la guerre. Dans la simulation guerrière, l’essentiel est l’opposition entre deux camps. Les antagonismes des jeux guerriers évoluent longtemps en fonction de l’Histoire. Cela apparaît clairement en Europe avec le conflit entre Prussiens et Français en 1870, puis avec la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale enfin, dont la figurine américaine GI Joe, créée par la société Hasbro en 1964, est la plus célèbre représentation.
Si le jouet guerrier est aujourd’hui un sujet de controverses, on peut également penser, avec Umberto Eco, qu’il est un exutoire nécessaire : en jouant à la guerre,
 “ Tu te libèreras de tes rages, de tout ce que tu réprimes en toi, et tu seras prêt à accueillir d’autres messages, qui n’ont pour objet ni mort ni destruction.”
(Lettre à mon fils, dans Pastiches et postiches).



Cheval mécanique du prince impérial  
 Vers 1862-1865   Allier fils et Cie, maître bronzier   Bois sculpté, peau de poulain, crin, bronze doré, ivoire, cuir, velours de soie brodé
 H. 75 cm ; L. 88 cm ; l. 56 cm      Collection E. Hermès, Paris.

Renoncer à ses jouets :

Les enfants ne savent pas qu’ils devront quitter un jour leurs jouets pour grandir. L’Antiquité grecque et romaine avait prévu de signifier ce passage délicat par des rites de renoncement : les petits garçons romains, qui jouaient avec des noix, devaient en “prendre congé” selon l’expression consacrée indiquant qu’ils étaient devenus des grandes personnes.
Les petites filles devaient de leur côté donner leur poupée à Vénus la veille de leur mariage. On n’organise plus aujourd’hui de façon aussi rituelle ce passage, comme si l’on vénérait l’enfance et la jeunesse au point d’hésiter à les quitter. Ne plus croire au Père Noël est désormais la première étape pour grandir, le premier désenchantement. Depuis quelques années, les innombrables vide-greniers réintègrent la dimension commerciale du jouet en y associant parents et enfants. Ce cérémonial peu solennel pourrait laisser croire que notre époque a évacué cette difficulté mais leur succès auprès des très nombreux visiteurs à la recherche du petit jouet est significatif.




Automate du Père Noël en avion
 
Fabricant : Roullet-Decamps
Automate électrique
1925
 
Bois, métal, textile, fourrure 
H. 125 ; L. 260 ; l. env. 273 cm 
 
Musée des Arts décoratifs, Paris
 
© Jean Tholance pour les Arts Décoratifs, Paris




Réflexions et propositions scénographiques

 de Pierrick Sorin,
directeur artistique.


   Le jouet, c'est d'abord le plaisir. Plaisir visuel, en premier lieu, intimement attaché à une représentation décalée du réel où la miniaturisation fait autorité. Plaisir du toucher, parfois de l'ouïe. Plaisir de manipulations constructives ou de gestes destructeurs. Plaisir de mouvements brusques, sensuels, contrôlés, répétitifs ...
   D'une exposition consacrée au Jouet, on attend, entre autre, qu’elle reflète un tant soit peu ces plaisirs multiformes. Or, ce n'est pas si simple. Les contraintes de fonctionnement d'une exposition, le souci de protection, de conservation des objets, induisent des limites qui souvent contredisent le plaisir. Malgré ces limites, insuffler à l’exposition du mouvement, créer des moments de plaisirs, des instants vivants et ludiques, tels sont mes principaux objectifs. En tant qu’artiste-vidéaste, c'est bien sûr vers des solutions ou des "inventions", reposant sur l'usage d'images animées que je me tournerai.
   Bien sûr, le recours à la mise sous vitrine d'une grande majorité d'objets est inéluctable. Dès lors, " faire avec " le dispositif de la vitrine, intervenir sur sa forme pour la rendre complice de quelques constructions ludiques, voilà ce qui semble être " la " bonne solution. Mon expérience en matière de jeux de miroirs (théâtres optiques) se marie d'ailleurs assez bien avec ce genre de réalisation que l’on désignera ici sous le terme de " vitrines animées ".



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15.09.2011