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Il y a
déjà six ans maintenant, en avril 2002, Poupendol
sortait cette étude du célèbre jouet
de Fernand Martin " Bécassine Casseuse d'Assiettes
". Nous ayant été redemandé par des
internautes qui s'en souviennent mais ne l'avaient pas
enregistré, par d'autres qui en ont entendu parler mais
n'avaient pas internet, cet inépuisable et charmant sujet
retrouve aujourd'hui sa place ici pour le bonheur de tous les
collectionneurs de cette petite héroïne plus que
centenaire, bien ancrée maintenant dans le patrimoine
français. Bonne lecture, relecture ou découverte.
Poupendol
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| Sujet inépuisable de recherches passionnantes, Bécassine fêtera son centenaire en 2005. Classique indémodable et indétrônable parmi nos héros et héroïnes de Bande Dessinée, elle nous entraine de découvertes nombreuses en rencontres imprévues dans des domaines voisins non seulement de la Poupée avec Bleuette mais même de l'Automate ! |

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Beaucoup
plus qu'une
simple silhouette, c'est un délicieux petit personnage plein
d'une désopilante assurance qui défie le temps.
Il a donné lieu à de très nombreuses
et ravissantes
réalisations et interprétations dont la plus
célèbre est, bien sûr, la
poupée réalisée par Reine DEGRAIS (1) , à partir de
1949 - poupée
en indémaillable rose, bourrée de kapok et
revêtue du célèbre costume .
Cependant,
née en 1905 de l'imagination de J.P. PINCHON, elle inspira
très vite et très diversement de nombreux
fabricants de jouets.
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C'est
ainsi que dans
la "Semaine de Suzette" parurent notamment des publicités
pour une "Bécassine Casseuse d'Assiettes" ( p.143,
n°9 du 2 Avril 1914. et p. 159, n°10 du 9 Avril 1914,
avec les détails donnés p.175, n°11 du 16
avril 1914. S'agissant d'un ingénieux petit automate
mécanique du début du siècle, il
fallut chercher! Pourtant un remarquable ouvrage de
Frédéric Marchand " L'Historique des
Jouets Martin " ( Editions " l'Automobiliste"
-1987-).....et l'Institut National de la Protection Industrielle nous y
aidèrent au delà de nos
espérances.
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Et nous découvrîmes Séraphin Fernand MARTIN, autodidacte de génie, inventeur des fameux jouets de tôle, dès la fin du siècle dernier (2 ). C'est en effet lui qui créa en 1912 ce nouveau jouet la"Casseuse d'Assiettes". Cédant son affaire à Georges FLERSHEIM (3), ce dernier déposa en 1913 le brevet afférent, sous le numéro 458.560,(demandé le 29 Mai 1913 et délivré le 9 Août). Ce jouet obtiendra le Grand Prix du Concours LÉPINE, qu'il n'avait pas été possible d'attribuer à F. MARTIN. Ce dernier, grand ami du célèbre Préfet, était à l'origine du fameux Concours et membre du Jury de la section " Jouets "! |
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Puis la Grande
Guerre
est arrivée. Il semble que la "Semaine de Suzette " ait
alors arrêté la diffusion de la " Casseuse
d'Assiettes ". Plus aucune publicité
n'apparaît.
En 1915, Georges FLERSHEIM est tué lors de l'essai d'un
canon de sa conception. En 1919, la fabrique de jouets MARTIN-FLERSHEIM
est revendue à la famille BONNET.
L'inscription
au
Registre du Commerce de la Seine est prise sous la
dénomination "Victor Bonnet et Cie, successeur de la maison
Fernand Martin".
Effectivement la fabrication est relancée, soit avec de nouveaux modèles, soit avec les anciens modèles MARTIN, les mécanismes et l'esthétique étant améliorés. Ainsi notre jouet renaît rebaptisé " Madelon, Casseuse d'Assiettes ", le nom de Bécassine ayant été, entre temps, déposé et son utilisation soumise à des conditions financières précises . |
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La production du nouvel acquéreur est désormais identifiée par les initiales "V.B." (et plus tard "VéBé"). Le brevet de ce
jouet
décrit le personnage maladroit comme une "petite bonne". Il
n'y est nullement question de "Bretonne", et encore moins de
"Bécassine". Mais il y a tout lieu de penser que Henri
GAUTIER, directeur de la " Semaine de Suzette " en homme d'affaires
avisé, ait perçu les avantages à tirer
de l'association du jouet à succès avec
l'héroïne de son journal.
Un
accord avait
probablement été conclu avec le fabricant pour
diffuser la " Casseuse d'Assiettes", sous le nom de
"Bécassine". Ce nom de " Bécassine "
n'était d'ailleurs pas encore déposé
et ne le sera qu'en 1918. Mais le jouet ainsi mis en vente par les
Éditions GAUTIER, n'avait pas exactement le "look" de notre
héroïne. Sa robe était bleue ou rouge,
et non vert-pois. L'hypothèse d'une série avec
robe peinte en vert, caraco rouge et roues noires était
tentante. Frédéric MARCHAND,
spécialiste des jouets MARTIN, est formel : aucune
série spéciale ne semble avoir jamais
existé.
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LE JOUET EN DETAIL
Ainsi avons nous deux
jouets fort semblables. Examinons-les et voyons leurs ressemblances et
leurs particularités. Toutes deux sont bien sûr de
taille, de principe et de conception absolument identiques.
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A gauche, tenant encore ses assiettes la Bécassine de 1914. A droite, la Madelon de V.B. La "Fernand MARTIN" ("F.M.") est donc en tôle. En corselet noir, à jupe longue rouge ou bleu-drapeau avec tablier blanc, le tout peint à la main, elle porte sur son plastron une chaînette avec la croix catholique, celles-ci moulées et peintes en doré. Elle porte des sabots . Estampillée "F.M." dans le dos de sa coiffe , elle mesure environ 17 cm. La clef d'animation est fixée à demeure.(4) |
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La "Victor BONNET" ("V.B"). est légèrement différente dans sa présentation : Toujours en tôle, robe à jupe longue lithographiée bleu-ciel à pois blancs, . Par dessus, une petite guimpe à manche en tissu de coton blanc quadrillé de fines rayures rouges, à col de coton blanc. Tablier blanc en coton. La chaîne et la croix ont disparu. Elle porte des sabots également lithographiés et mesure également 17 cm de haut. La clef est toujours fixée à demeure. Elles sont donc très proches, pour ne pas dire, similaires, à quelques détails vestimentaires près. |
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Fernand MARTIN
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Victor BONNET
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De toutes façons, il s'agit de l'exploitation du même brevet. Seule la présentation change , peu mais suffisamment pour qu'on puisse aisément les distinguer. Remontons-la : Le mécanisme est le même. Bécassine (ou Madelon) transporte dignement des assiettes qui brusquement sautent et retombent, au grand effroi de notre héroïne, dont le regard tourné vers le haut, prend le ciel à témoin . La douzaine d'assiettes (métalliques heureusement) a toujours été coquille d'oeuf chez F.M. Il semble que Victor BONNET les ait sorties dans la même teinte, mais parfois constellées d'étoiles dorées (Cf. le livre de Frédéric MARCHAND 5) |
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Le Brevet, conçu par Fernand MARTIN mais déposé par FLERSHEIM est lui aussi très intéressant . Admirez-en la finesse et la précision. Document inattendu, n'est-ce pas ? Hélène
BUGAT-PUJOL
2002/Avril 2008 |
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